Timbres de France classiques et modernes, les timbres taxe, les timbres préoblitérés, la philatélie, les collections
/////  

 

<< page précédente
page suivante>>

Timbres français Wallis et Futuna

Il y a environ 5 000 ans (3000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2000 avant J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, vers les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, vers les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.
Le premier contact de Futuna avec des Européens a lieu en 1616 : les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, sur l'Eendracht (350 tonneaux) et le Hoorn (100 tonneaux), jettent l'ancre le 21 mai 1616 dans l'embouchure de la rivière Futuna et abordent en chaloupe le 22 mai 1616. Ils baptisent les deux îles Futuna et Alofi îles de Hoorn en référence à leur port d'embarquement. Ils restent environ 8 jours sur l'archipel avant de repartir vers la Nouvelle-Guinée et les Moluques. Louis Antoine de Bougainville atteint Futuna le 11 mai 1768 et la nomme « l'enfant perdu du Pacifique ».
L'île de Wallis n'est visitée par les Européens qu'en 1766, 150 ans après Futuna, par le capitaine britannique Samuel Wallis, à qui l'île doit son nom actuel. Les autochtones la nomment Uvéa, nom encore très utilisé. À l'arrivée des Européens, les îles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. La présence européenne n'est significative qu'au XIXe siècle avec l'arrivée de missionnaires catholiques.
La reine Amalia de Wallis signe un traité de protectorat ratifié par la France le 5 avril 1887. Un an plus tard, les rois d'Anise Tamole pour Sigave et ceux de Futuna, Malia, Soane, Musulamu pour Alo demandent eux aussi leur rattachement à la France. Les souverains de Futuna et Wallis gardent toute leur autorité coutumière sur leurs sujets.
Ce rattachement s'inscrit dans le contexte de compétition entre la couronne britannique et la France dans le Pacifique, après l'annexion anglaise de Fidji en 1874 qui brise l'équilibre précaire entre les deux nations, les Français souhaitent eux aussi affirmer leur position dans l'Océanie éloignée.
Il n'y a pas à proprement parler de colonisation à Wallis-et-Futuna, le pouvoir du résident français se limitant aux affaires extérieures. Cette situation se poursuivra à Futuna jusqu'en 1961, l'administration ne s'installant sur l'île qu'en 19596.
Les habitants continuent à vivre de leurs cultures vivrières, taro, bananier, igname, kapé. L'élevage porcin est destiné à l'accomplissement de cérémonies coutumières, la seule culture d'exportation est celle du cocotier dont les fruits sont transformés en coprah. Les résidents fondent le développement de l'île sur cette monoculture, introduisant la monnaie dans l'archipel et établissant des comptoirs. En conséquence, les plantations s'étendent mais cette industrie est ruinée dans les années 30 par l'effet conjugué en 1930 d'une invasion d'oryctes et la chute du cours des oléagineux consécutive à la Grande Dépression.
La Seconde Guerre mondiale va entrainer de nombreux bouleversements à Wallis. Le 8 décembre 1941, suite à l'attaque de Pearl Harbor par le Japon s'ouvre la guerre du Pacifique. L'Empire japonais progresse en Mélanésie, occupant une partie de la Nouvelle-Guinée et des Salomons. Pour contrer cette avance, le commandement américain fait débarquer 2000 GI's sur l'île, leur nombre s'élève à 6000 durant les deux années suivantes. Les Américains construisent de nombreuses infrastructures, une base aérienne à Hihifo et une à Lavegahu construites au bulldozer, un engin jamais vu sur l'île, une hydrobase à la pointe Mua, un port à Gahi, un hôpital. Ils acheminent un nombre important d'armements, DCA, avions, tanks. En revanche, Futuna n'est pas investie par les Américains.
Les îles deviennent en 1961 un territoire d'outre-mer (TOM) après référendum. Le roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), est signataire de cet accord. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, les îles Wallis et Futuna deviennent une collectivité d'outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne change.

 

<< page précédente
page suivante>>